white

L’impact de l’alimentation à un jeune âge sur le comportement ultérieur vis à vis de la nourriture

Docteur. Gillian Harris, école de Psychologie, Université de Birmingham & Hôpital des Enfants à Birmingham, Royaume Unis

Au fur et à mesure que les enfants grandissent, il devient de plus en plus difficile de changer leur préférence alimentaire. Une grande partie de la perception gustative chez les enfants plus âgés, a été acquise durant la petite enfance. Il est ainsi plus facile de préparer un enfant à accepter une nourriture saine  et variée au cours de sa première année, que de changer ses préférences alimentaires plusieurs années plus tard. La nourriture que mange la maman pendant la grossesse ou l’allaitement au sein peut avoir un impact sur les préférences alimentaires de son enfant [1]. Cet effet est cependant moindre par rapport à ce qui se passe durant la période de passage aux aliments solides. Le sevrage débute normalement entre 4 et 6 mois. Il semble y avoir « une fenêtre d’opportunité » pendant cette période, durant laquelle se développe un effet rapide de tolérance aux goûts des nouveaux aliments proposés au bébé. Présenter les aliments solides de façon précoce aux bébés peut être généralisé à court terme et à long terme. Plus on donne différents types d’aliments et plus l’enfant à tendance à accepter de nouveaux aliments et plus cela peut avoir un effet positif à long terme ; les bébés auxquels on donne des aliments au début du sevrage gardent une préférence pour ces goûts et autres aliments semblables plus tard dans l’enfance. [2]. L’effet de leur offrir cette nourriture précocement explique la variation des aliments acceptés en fonction des différentes cultures.
 
Cet effet ne se limite pas au goût mais aussi à la consistance. Une nourriture de consistance plus solide sera plus facilement acceptée par des enfants qui ont déjà eu cette texture de façon précoce[3]; peut être à l’âge de 6 mois. Cette expérience précoce semble avoir des conséquences à long terme sur l’acceptation des aliments plus tard dans l’enfance [4, 5].
 
Il est particulièrement important d’établir les préférences alimentaires durant la première année de vie, car durant la deuxième année, l’enfant entre dans une période de refus [6]. De nouveaux aliments, ainsi que ceux que l’enfant aurait préalablement acceptés, peuvent être refusés. On pense que ces aliments peuvent être refusés à cause de la disparité visuelle entre les aliments connus et nouveaux (réponse néo-phobique), et des aliments que l’enfant aurait pu accepter préalablement mais dont la présentation pourrait avoir changé. Le nombre d’aliments différents acceptés par l’enfant durant la période d’acceptation détermine donc le nombre d’aliments qui seront rejetés durant le stage néo-phobique.
 
C’est pourquoi il est important que les enfants consomment un ensemble d’aliments de goûts et de textures différents durant leur première année de vie et qu’on facilite ainsi ce procédé même si l’enfant dépend malgré tout d’une nutrition supplémentaire.
 
  1. Forestell, C.A, Mennella, J.A. Early determinants of fruit and vegetable acceptance. Pediatrics 2007; 120:1247 – 1254
  2. Harris, G. Development of taste and food preferences in children. Current Opinion in Clinical Nutrition and Metabolic Care 2008;11:315 – 319
  3. Blossfield, I, Collins, A, Kiely el al. Texture preferences of 12-month-old infants and the role of early experiences. Food Quality and Preference 2007;18:396-404
  4. Northstone, K, Emmett P, Nethersole F, et al. The effect of age of introduction to lumpy solids on foods eaten and reported feeding difficulties at 6 and 12 months. Journal of Human Nutrition and Dietetics 2001;14:43-54
  5. Coulthard, H., Harris, G., Emmett, P. & the ALSPAC team. Delayed introduction of lumpy foods to children during the complementary feeding period affects child’s food acceptance and feeding at 7 years of age. Matern Child Nutr 2009;5:75-85

Mason, S.J, Harris, G, Blissett, J. Tube feeding in infancy: implications for the development of normal eating and drinking skills. Dysphagia 2005;21(1):46-61

 
bottom