Gain de poids chez les nourrissons lié à l’obésité infantile
Pendant que l’obésité infantile continue sa progression ces trente dernières années d’une manifestation occasionnelle à une épidémie culturelle, les professionnels de la santé ont du mal à déterminer la cause et les raisons qui sont dans tous les cas nombreuses. La sédentarité pour les adultes et les enfants, ainsi que des aliments traités et bon marché omniprésents, jouent sûrement un rôle, mais les chercheurs trouvent de plus en plus d’évidence que les premiers signes d’obésité infantile débutent chez les nourrissons.Une nouvelle étude dirigée par les chercheurs du Département de Soin Ambulatoires et Prévention à l’Ecole Médicale de Harvard et le centre de Soin Harvard Pilgrim, ainsi que l’hôpital des enfants de Boston, a découvert qu’un gain rapide de poids durant les six premiers mois de la vie pourrait placer un enfant sous le risque d’obésité lorsqu’il arrivera à l’âge de 3 ans.
"Il existe des preuves croissantes que les changements rapides de poids durant la petite enfance augmentent le risque des enfants de développer l’obésité plus tard dans leur vie," a dit Elsie Taveras, Professeur assistante au Département de Soins Ambulatoires et Prévention à l’Ecole Médicale de Harvard et co-directrice de la clinique « One Step Ahead » (Un Pas en Avance ), qui est un programme pédiatrique de prévention du surpoids chez les enfants à l’Hôpital de Boston. " Il y a de plus en plus de preuves suggérant que la petite enfance est une période critique durant laquelle on peut éviter l’obésité infantile et les conséquences qui lui sont liées."
Ces découvertes ont été publiées en Avril dans l’édition du journal de Pédiatrie.
La plupart des études précédentes examinant la relation entre la prise de poids chez le nourrisson et l’obésité ultérieure dans l’enfance, se concentrent essentiellement sur la prise de poids. Cependant les mesures de la taille et du poids, reflètent ensemble l’obésité du corps plutôt que le poids seul. Dans cette étude le Docteur Taveras et ses collègues du Département de Soins Ambulatoires et Prévention à l’Ecole Médicale de Harvard examinèrent comment le poids et la taille, ou poids-pour-taille, chez les nourrissons peut avoir plus tard une influence sur l’obésité.
L’équipe examina les données de leur propre rapport venant du Projet Viva, une étude continuelle dirigée par Matthew Gillman, auteur principal du document, concernant plus de 2,000 femmes enceintes et leurs enfants. Ils isolèrent un sous groupe de 559 paires mères/enfants et étudia les tendances de prise de poids chez les nourrissons et leurs effets ultérieurs après trois ans. En plus de l’examen du poids statique et de la taille, l’équipe a aussi étudié la prise de poids en tant que procédé dynamique, en mesurant non seulement combien de poids le bébé gagnait mais aussi à quelle vitesse.
Le rapport entre le gain rapide de poids chez les nourrissons et l’obésité ultérieure fût frappant, même après avoir tenu compte de facteurs tels que bébés prématurés et ceux qui ont un poids insuffisant à la naissance. Prenez par exemple deux enfants pesant le même poids à la naissance, qui après six mois pèsent 7.7 kg (16.9 livres) et 8.4 kg (18.4 livres), soit 0.7 kg (1.5 livres) de différence. Selon les estimations de l’étude, le plus lourd de ces deux enfants aurait 40% de risque de devenir obèse à l’âge de 3 ans (après avoir fait les ajustements nécessaires pour les variables parasites potentiels).
Alors que cette étude en confirme d’autres la précédant, il existe certaines limitations lorsqu’on examine la relation entre le poids du nourrisson puis de l’enfant. Par exemple, les chercheurs n’eurent pas la possibilité d’examiner les interactions autour de la nourriture par rapport aux niveaux sociaux et au comportement entre les parents et les nourrissons. Malgré que les familles de l’étude représentèrent plusieurs ethnies, elles étaient relativement homogènes au niveau socio-économique ; on pourrait donc se poser la question: à quel point pourrait on généraliser ces résultats ?
Cependant, la relation entre le poids du nourrisson puis de l’enfant est convaincante lorsqu’on l’examine dans le contexte d’autres recherches.
"Il y a encore beaucoup de choses que nous avons à comprendre concernant le mécanisme et la manière avec lesquels tout s’emboîte, " a dit Taveras. "Mais ces données montrent clairement à quel point les interventions précoces peuvent avoir des avantages à long termes."
Taveras remarqua également que ces découvertes fournissent les preuves initiales que notre culture approuve le poids des nourrissons quand il est au sommet des tableaux, et même que nos notions concernant le poids approprié à gagner durant la grossesse pourrait être excessif.
"Au début il peut sembler non plausible que le gain de poids chez le nourrisson, sur une période de quelques mois seulement, pourrait avoir des conséquences à long termes sur la santé ; cela est toute fois compréhensible étant donné qu’une grande partie du développement humain se déroule durant cette période—et même avant la naissance," a dit Matthew Gillman, directeur du Programme du Département sur la Prévention de l’Obésité," désormais il nous faut trouver comment modifier le gain de poids chez le nourrisson de façon à ce qu’il puisse équilibrer les besoins du cerveau et du corps."
Cette recherche a été financée par l’Institut national de la Santé.
Pediatrics, Volume 123, Number 4, April 2009
"Weight Status in the First 6 Months of Life and Obesity at 3 Years of Age"
Elsie M. Taveras, , Sheryl L. Rifas-Shiman, Mandy B. Belfort, Ken P. Kleinman, Emily Oken, Matthew W. Gillman
.
http://www.eurekalert.org/pub_releases/2009-03/hms-iwg032609.php